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Le sentiment d’exclusion des Maires ruraux

Jacques Drouhin, maire de Flagy, président des maires ruraux de Seine et Marne est intervenu le 15/04/2015 au salon des maires d’Ile de France.

La Métropole périphérique : peut-t-on parler des oubliés du Grand Paris ?

Jacques Drouhin, Maire de Flagy, Président de l’Association des Maires ruraux du 77 et Président de la Communauté de Communes du Bocage Gâtinais, défend avec force et conviction les communes « oubliées » de Seine-et-Marne. Dans un Grand Paris qui se construit « en haut » et qui s’impose « en bas », les exaspérations se succèdent et l’inquiétude monte.

Maires en Ile-de-France : Quel regard portez-vous sur la construction du Grand Paris ? Pourquoi vous sentez-vous « oubliés » ?

Jacques Drouhin : Pour les Maires ruraux de Seine-et-Marne que je représente, l’évocation du Grand Paris nous hérisse le poil ! Il n’y a aucun dialogue constructif avec le Gouvernement sur les futurs rapports entre le Grand Paris et la région Ile-de-France. Tout se fait de façon très arbitraire. On nous soumet des projets qui ne sont pas adaptés à nos problématiques et sur lesquels nous devons donner notre avis dans un délai contraint. On peut facilement imaginer que cette méthode n’est pas la bonne. Elle est anti-démocratique, voire malhonnête ! La situation actuelle est un outrage pour toutes les communes situées en dehors du périmètre du Grand Paris qui ne peuvent pas accepter ce « charcutage » sans broncher ! Donc, oui, nous nous sentons vraiment « oubliés ». Mais en même temps, et c’est peut-être le côté positif de cette situation, les maires ruraux sont régulièrement confrontés à une multitude de problèmes qu’ils s’attèlent à régler quotidiennement avec réactivité et motivation. Souvent même, grâce à leur inventivité, ils trouvent des solutions alternatives. Il est donc vraiment dommage que nous soyons aussi peu consultés car nous sommes parfaitement capables de contribuer au développement économique de notre région.

Maires en Ile-de-France : La prochaine bataille sera celle de la répartition des richesses ? Comment l’appréhendez-vous ?

Jacques Drouhin : Je tiens à rappeler que nous sommes encore dans le périmètre de la région Ile-de-France. Et là, nous pouvons faire confiance à tous mes amis maires : nous ne lâcherons pas notre possibilité de faire valoir notre existence sur le territoire. Nous demanderons une dotation financière – une sorte de « clone » de la DGF qui pourrait s’appeler la DGF Ile-de-France – afin de poursuivre ce que nous faisons depuis des années : produire de l’activité de proximité et créer du lien social. Mais il faut se poser les bonnes questions. Que souhaite l’Etat aujourd’hui ? Que souhaite la Région ? Veulent-ils sciemment que toutes nos communes deviennent des cités dortoirs ? Dans ce cas, le risque est grand de rendre notre tablier. On se demande déjà si nous allons continuer encore longtemps à être maires de communes qui sont tenues à l’écart ! Nous ne nous sentons toujours pas concernés par le développement économique de la région.

Maires en Ile-de-France : Comment comptez-vous faire valoir la véritable richesse de proximité de vos territoires ?

Jacques Drouhin : Nos territoires ne sont pas uniquement une « terre d’accueil » pour tous ceux qui ne peuvent plus acheter à Paris et en périphérie. Nous sommes capables de participer au dynamisme des communes largement situées en périphérie de l’Ile-de-France. C’est une des forces des maires ruraux : être précurseurs sur de nombreux sujets, avec une capacité réelle de mobilisation de nos concitoyens sur des projets locaux et constituer ainsi un véritable modèle de reproductibilité. Nous souhaitons également faire un certain nombre de propositions, notamment au travers de la DGF, avec par exemple l’adoption d’une répartition plus harmonieuse des richesses actuellement concentrées sur le projet Paris Métropole, mais également en termes de création d’activités, avec la montée en puissance des nouvelles technologies. Aujourd’hui, nous avons vraiment le sentiment que l’Île-de-France est sur une carte qui ne correspond plus du tout à la réalité des besoins de nos administrés. Ilfaut que nous puissions avoir des projets cohérents qui correspondent à notre région, avant qu’il ne soit trop tard.

Maires en Ile-de-France : Comment avancer, concrètement ?

Jacques Drouhin : Nous sommes dans le combat et la promotion de nos territoires, pas sur la défensive. Nous réussirons collectivement si nous participons aux débats stratégiques de leur développement. Mais il faudra être patient et constant et constituer des groupes de réflexion pour imaginer comment, dans une Europe élargie, les territoires ruraux peuvent contribuer au mieux vivre ensemble. De toute évidence, nous devons être solidaires et dynamiser nos espaces ruraux à partir de leurs réalités et être à l’écoute de nos concitoyens.