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Non ; la seule raison qu’il n’assiste pas régulièrement aux réunions du Conseil municipal ne permet pas de sanctionner un conseiller (en l’absence d’autres dispositions législatives impliquées).

La loi du 2 mars 1982 a supprimé la possibilité (Article L121-22 du Code des communes) qui permettait au Préfet de déclarer démissionnaire tout membre du conseil municipal ayant manqué à trois séances consécutives, sans motifs reconnus légitimes par le conseil
Certes, à l’heure actuelle, l’ article L2121-5 du Code général des collectivités territoriales permet de sanctionner, par une démission prononcée par le tribunal administratif : « tout membre d'un conseil municipal qui, sans excuse valable, a refusé de remplir une des fonctions qui lui sont dévolues par les lois » (le refus doit ici résulter d'une « déclaration expresse » ou « rendue publique », ou bien de « l'abstention persistante après avertissement de l'autorité chargée de la convocation »).

Toutefois, la jurisprudence a exclu l’utilisation de cette disposition à des fins de sanctions d’un conseiller régulièrement absent aux réunions du Conseil. La Cour administrative d’appel de Marseille a par exemple rappelé que : « l'absence d'un conseiller municipal à des séances du conseil municipal » ne figurait pas « au nombre des faits qui permettent la mise en œuvre des dispositions de l'article L2121-5 ». Cet article pourrait en revanche être appliqué dans l’hypothèse où un conseiller municipal refuserait d’exercer les fonctions d’assesseurs dans un bureau de vote, par exemple.
Une réponse du Ministère de l’Intérieur en date de 2004 5 précise cependant que «l'absence aux réunions de l'assemblée délibérante qui ne constitue pas à elle seule un manquement à cette obligation n'en demeure pas moins un des éléments permettant d'en juger. » ; il s’agira donc – pour le juge - d’un « indice ».
L’absence régulière aux séances du Conseil n’est pas sans totale conséquences, en particulier pour les conseillers qui bénéficieraient d’une indemnité de fonction. Il revient en effet à chaque conseil municipal de s'assurer que le versement de celle-ci est suspendu dès lors que l'exigence légale d' « exercice effectif » des fonctions (posée par l’article L2123-24-1 du CGCT) n'est pas remplie.

Que faire alors, face à de telles absences réitérées gênant le bon fonctionnement du Conseil ? La réponse ministérielle précitée donne des pistes : elles peuvent être « être réglées par la négociation d'une démission lorsque, du fait notamment d'un éloignement définitif de la commune dont il est élu, le conseiller concerné n'est plus en mesure de se rendre aux séances du conseil municipal ». Précisons toutefois que l’éloignement définitif de la commune ne remet pas en cause le mandat électif du conseiller (les conditions de l'éligibilité d'un conseiller s'appréciant au jour du scrutin).
De plus, « le conseiller absent, même durablement, garde la faculté de donner un pouvoir écrit de voter en son nom à un de ses collègues (…), ce pouvoir étant valable pour trois séances consécutives, sauf cas de maladie dûment constatée, et ceci sans limitation pendant la durée du mandat. ».